photo Jérôme et Marie acceptent la carte bleue (ou Marchands de tapirs)

Jérôme et Marie acceptent la carte bleue (ou Marchands de tapirs)

Dijon 21000

Le 18/11/2021

Marie et Jérôme jouent chez les gens, dans leur appartement parce que « les particuliers sont moins exigeants que les directeurs de théâtre. C’est logique. Il faut raison garder, un salon, ça reste un salon. » Mais que jouent-ils exactement ? Une pièce de théâtre ? Pas vraiment. Ils vendent des produits aux effets prétendument miraculeux : un pantalon qui rend irrésistible, une casquette qui rend intelligent, une blouse qui rend bricoleur… et lorsque les hôtes se lassent d’être pris pour des gogos, notre couple se lance dans un récit improbable où le roi des tapirs se transforme en roi des tapis avant de se mésallier avec un paillasson. Alors qui sont, au juste, les acteurs que vous accueillez, dont l’un ressemble à une saucisse et l’autre est incapable d’apprendre un texte correctement ? Des désespérés prêts à tout pour jouer ? Des escrocs qui lorgnent sur votre portefeuille ? Des magiciens, des fous ? Comment démêler le vrai du faux ? Sur un texte de Gabor Rassov, Florence et Philippe Nicolle, complices et drôles, acceptent la carte bleue tout en se donnant la réplique.

photo ¡ Viva ! | Manuel Liñán

¡ Viva ! | Manuel Liñán

Danse - Bal - Cabaret, Spectacle

Dijon 21000

Le 08/01/2022

On peut assister à ¡ Viva ! en se laissant porter par l’énergie pure qui s’en dégage. Nul besoin d’être spécialiste pour être saisi : la danse gitane porte en elle une part immédiate d’universel. L’élégance, la puissance de la composition de Manuel Liñán (encore peu connu en France mais déjà salué en Espagne comme l’un des nouveaux maîtres du genre) justifient amplement la distinction décernée en 2020 par un jury de connaisseurs, sous l’égide de la chaire de Flamencologie et d’Etudes Folkloriques de l’université de Jerez. C’est dire que son art satisfait tous les critères exigibles d’un flamenco conforme aux plus sévères traditions. Or ¡ Viva ! va encore plus loin. Son exclamation, son « vivat ! » reprend bien le verbe que le public andalou laisse échapper dans un cri d’enthousiasme quand la soirée se fait intense, que le cante jondo résonne plus que juste et que la danseuse touche à cette grâce insaisissable, ce fameux duende que chacun ressent sans pouvoir le décrire (pour le trouver, disait Lorca, « il n’existe ni carte ni exercice »). Mais ¡ Viva ! n’est pas qu’un verbe : c’est aussi un adjectif, au féminin singulier. Car tout le spectacle est un hommage à la bailaora,[...]